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Affiche du film Turbo Kid
8.9

Publié le : 27 octobre 2015

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Turbo Kid ()

  • Date de sortie : 28 Août 2015
  • Durée : 93 min
  • Par : François Simard, Anouk Whissell, Yoann-Karl Whissell
  • Avec : Munro Chambers, Laurence Leboeuf, Michael Ironside
  • Genre(s) : ---
  • Nationalité(s) : Canada, Nouvelle-Zélande
Résumé : Dans un futur post-apocalyptique, The Kid, un jeune pillard solitaire obsédé par les comics, fait la connaissance d'Apple, une fille quelque peu... envahissante. Mais leur entente est cordiale, et de cette rencontre naît une solide amitié. C'est le début d'une longue aventure. Car ensemble, ils vont devoir faire face à Zeus, le leader autoproclamé - et un brin sadique - des Terres Dévastées, afin de libérer sa population du régime tyrannique qu'il y impose.

Référence pour référence

Dîtes-moi amis cinéphiles, aimez-vous les références ? Car je peux vous affirmer qu'après avoir lu ceci, vous allez en bouffer matin, midi et soir. Toute votre vie ne sera plus que référence. Donc plutôt qu'analyser le film dans sa globalité, je propose de faire une liste non-exhaustive des allusions culturelles présentes dans Turbo Kid. Et vous comprendrez rapidement la pertinence, je l'espère, du propos. 

Mad Max en BMX

Mais qui donc aurait osé croire un jour à un éventuel croisement entre Mad Max et BMX Bandits ? Sérieusement, l'idée est tout simplement grandiose. Car, dans un souci de budget, les réalisateurs ne pouvaient évidemment pas sortir l'artillerie lourde : ni grosses voitures vrombissantes, ni explosions à la Michael Bay, seulement une demi-douzaine de vélos. Et, ô grand miracle, la sauce prend. Alors la référence à BMX Bandits, on l'a comprise. Mais quel est le rapport direct avec Mad Max ? Tout simple : un univers post-apocalyptique, où le grand maître contrôle la distribution d'eau, ça vous rappelle un truc, non ? Que du bon, pour ma part.

Musicalement, on se rapproche beaucoup d'une ambiance à la Hotline Miami (jeu vidéo sorti en 2012) pour les connaisseurs, voire par moments à celle de Drive, de Nicolas Winding Refn. Autant vous dire qu'on a affaire a du très lourd, sans nul doute le gros point fort du film.

Car Turbo Kid est tout sauf un pompage en bonne et due forme de toutes ces références. Il est évident que l'œuvre est brillamment parvenue à se construire une identité qui lui est propre, et notamment en nous régalant d'une galerie de personnages hauts en couleur.

turbo kid

Edwin Wright est Skeletron - Turbo Kid (2015)

Full Metal Indiana

Du coup, qu'en est-il de notre héros ? Bah c'est simple, Munro Chambers est la copie quasi conforme d'Aaron Taylor-Johnson dans Kick-Ass. Que ce soit physiquement ou dans son jeu, on a affaire au même personnage, enfermé dans sa bulle, parfois à côté de la plaque, mais souvent touchant de par son innocence et sa candeur - même si, je dois bien l'avouer, Chambers ne m'a que moyennement convaincu. Car peut-être souffre-t-il de la comparaison avec son binôme, Laurence Leboeuf, pétillante comme un gosse qui découvre la vie. J'ai été subjugué par l'intensité de sa performance, amplifiant ses gestes et paroles, sans jamais tomber dans l'excès. Alors certes, on pourrait, parfois, avoir l'impression qu'elle surjoue un peu. Mais c'est évidemment un parti-pris inhérent au scénario (Apple est en fait un robot). 

Et c'est ici qu'arrive Michael Ironside, acteur bien connu pour avoir interprété un bon paquet de méchants et de militaires pas franchement rigolos dans Scanners, Top Gun ou encore Starship Troopers (1). C'est donc sans grande surprise qu'il incarne ici Zeus, le boss de fin de game, celui qui contrôle tout et qui aurait bien apprécié faire un tour au Colisée quand celui-ci était toujours en activité. Et comme le clin d'œil ne s'arrête pas là (attention gros jeu de mots), les personnages joués par Ironside sont réputés pour régulièrement perdre des membres au cours des films. Une main, deux jambes, deux bras... C'est donc sans surprise que Zeus ne possède... qu'un œil (j'avais prévenu). Le cerise sur le gâteau. L'hommage de tous les hommages.

En parlant de perdre un membre, je termine rapidement cette revue d'effectif avec Frederic (Aaron Jeffery), une sorte d'Indiana Jones au bras de fer, bien plus badass donc. Je n'ai pas immédiatement remarqué cette similitude, mais certaines mimiques m'ont clairement interpellé. J'ai donc suivi les (més)aventures de ce personnage avec bien plus d'intérêt et de plaisir qu'au premier visionnage !

turbo kid / kick ass

Munro Chambers / Aaron Taylor-Johnson

The Machine Girl

Je pense que les personnes ayant déjà visionné Turbo Kid auront compris qu'il ne s'agit pas là que d'une référence au film de Noboru Iguchi, The Machine Girl (cf. la balise spoiler de la partie précédente). Cessons donc les private jokes pour aborder ce qui nous intéresse vraiment : l'œuvre en elle-même. Comme toutes les productions Fever Dreams, ce film d'exploitation low cost a pour marque de fabrique le gore à outrance. Et j'utilise le mot outrance car je n'ai pas trouvé mieux. En effet, là où Tarantino trouve 20 litres de sang dans un corps, les japonais en comptent 100. Turbo Kid est, pour notre plus grand plaisir, un savoureux mélange des deux. Enfin deux, c'est vite dit... Car de Takashi Miike (Ichi The Killer) à Sion Sono (Why Don't You Play in Hell) en passant par Peter Jackson (Braindead), Turbo Kid fait, sur ce point, écho aux travaux d'un bon paquet d'autres réalisateurs.

En somme, des références que j'aime d'amour. La question se pose donc : comment pourrais-je ne pas prendre mon pied devant Turbo Kid ? Car si en plus, les effets gore ont de la gueule... alors je ne réponds plus de moi.

the machine girl

The Machine Girl - Noboru Iguchi (2008)

Fan-made

Et c'est après avoir relu mes trois dernières phrases que j'ai compris pourquoi tant de joie m'envahissait à chaque visionnage de Turbo Kid : c'est un film pour les fans, réalisé par des fans. C'est à ce propos, donc, que la multiplicité des références devient pertinente. Pas de plagiat, juste un immense hommage aux œuvres qui ont probablement marqué nos trois réalisateurs (la simple présence d'Ironside appuie ce propos). Il faut parfois savoir faire fi de l'objectivité, et apprécier le spectacle pour ce qu'il est : un cinéma qui vient du cœur. Je me souviens d'ailleurs, lors de mon troisième visionnage, avoir entendu un copain cinéphile s'extasier (notamment) sur les Terres Dévastées, car c'était justement une référence explicite à Fallout. Il n'a pas râlé, il a tout simplement trouvé ça génial. Sûrement car Turbo Kid est un film génial.

à Propos de Mathieu Huitric

A propos de l'auteur de Cinézine

Je m'intéresse à tout ce qui touche de près ou de loin au monde du cinéma, peu importe son époque, peu importe son genre. C'est pourquoi je tenterai de vous faire redécouvrir les films m'ayant marqués, que ce soit pour un cadrage, un plan, un dialogue, une phrase, un mot.

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